J'entends des voix, suis-je en train de devenir fou ou folle ?
Non. Environ une personne sur dix entend des voix à un moment de sa vie : après une perte, en période de stress, ou sans raison apparente. C'est une expérience humaine, et rien ne prouve que quelque chose en vous soit irrémédiablement cassé. Beaucoup de personnes s'en effraient, mais la plupart apprennent à vivre avec.
Suis-je le seul ou la seule ?
Loin de là. Rien qu'aux Pays-Bas (18 millions d'habitants), 300 000 personnes entendent des voix en ce moment même (prévalence ponctuelle de 1 à 2 %) ; la plupart n'en parlent pas. Dans le film, vous voyez cinq personnes qui, elles, en parlent, et dans plus de 40 pays il existe des réseaux d'entendeurs de voix qui s'entraident (le réseau Hearing Voices).
Devrais-je en parler à quelqu'un ? Et à qui ?
En parler apporte presque toujours un soulagement : le secret pèse souvent plus lourd que les voix elles-mêmes. Choisissez quelqu'un avec qui vous vous sentez en sécurité : un ami, un membre de votre famille ou votre médecin traitant. Vous n'êtes pas obligé·e de tout raconter d'un coup ; « il m'arrive d'entendre des choses que les autres n'entendent pas » suffit pour commencer.
Pourquoi est-ce que j'entends des voix ?
Il n'y a pas de réponse simple, et les explications sont nombreuses. Chez beaucoup de personnes, les voix s'avèrent liées à ce qu'elles ont vécu : une perte, du harcèlement, des violences, ou une période de stress intense. Dans l'approche montrée dans le film, ce lien avec les événements de la vie est justement exploré : ce qu'une voix dit renvoie souvent à quelque chose qui demande de l'attention.
L'entente de voix est-elle héréditaire ?
Non. La prédisposition génétique n'explique qu'une partie de l'histoire, et nous ne savons d'ailleurs pas comment. Bien plus souvent, entendre des voix est lié à ce que la personne a vécu (une perte, du stress, un événement bouleversant) qu'à ce qu'elle a hérité. Une prédisposition peut jouer dans la sensibilité, mais elle n'est jamais toute la réponse, et certainement pas une raison de penser que quelque chose serait « cassé » dans votre cerveau.
Entendre des voix, est-ce que cela veut dire que j'ai une schizophrénie ?
Non. Entendre des voix est une expérience, pas un diagnostic. Beaucoup d'entendeurs de voix ne reçoivent jamais de diagnostic psychiatrique et mènent une vie ordinaire. Que vous ayez besoin d'aide dépend de la souffrance que vous ressentez, pas d'une étiquette. C'est exactement la question que le film pose à la psychiatrie.
Dans ma culture, les voix sont interprétées autrement. Comment cela s'accorde-t-il avec cette approche ?
Très bien. Dans de nombreuses cultures, les voix sont vues comme des ancêtres, des esprits ou des messagers spirituels, pas comme une maladie, et cette interprétation n'a pas à entrer en conflit avec l'approche du film. Le point de départ est le même : écouter ce que la voix signifie dans la vie et le monde de la personne, au lieu de médicaliser aussitôt cette signification. Autant que possible, nous rejoignons la façon dont la personne comprend déjà elle-même son expérience.
Dois-je faire ce que les voix me disent ?
Non. Jamais. C'est vous qui décidez : une voix peut être entendue sans être aux commandes. Beaucoup de personnes apprennent à passer des accords avec leurs voix et à poser des limites. Une voix vous dit de vous faire du mal ou d'en faire à quelqu'un d'autre ? Vous n'avez jamais à porter cela seul·e : appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24) ou parlez-en dès aujourd'hui à votre soignant ou à votre médecin traitant.
Puis-je parler avec mes voix ?
Oui, c'est le cœur du film. Dans l'approche du psychiatre Dirk Corstens (Talking With Voices), la voix est invitée à entrer en conversation. Les voix s'avèrent souvent protéger quelque chose, et ce qu'elles disent peut avoir du sens. Vous pouvez apprendre à dialoguer avec vos voix ; une attitude respectueuse est un bon point de départ.
Quelle est la différence avec la thérapie Avatar ?
Les deux méthodes aident les personnes à se rapporter autrement à leurs voix, mais l'angle d'approche diffère fondamentalement. Dans la thérapie Avatar, vous apprenez surtout à changer votre propre attitude envers la voix, via une représentation virtuelle de celle-ci. Dans l'approche du film (Talking With Voices), vous entrez en relation avec la voix elle-même : qui est-elle, que veut-elle, à quoi renvoie-t-elle. Ce n'est pas une question de « mieux ou moins bien », mais c'est une distinction importante à ne pas confondre. Certains entendeurs de voix sont plus sensibles à l'une qu'à l'autre.
Ignorer ou réprimer mes voix, est-ce que ça aide ?
Pour la plupart des gens, combattre les voix produit l'effet inverse : plus vous poussez fort, plus elles poussent fort en retour. L'expérience du film et du réseau Hearing Voices est que la reconnaissance (écouter, poser des limites, comprendre) apaise la lutte. Ce qui est très différent d'obéir. Cela dit, quand les voix parlent énormément, les ignorer par moments peut aussi être nécessaire.
Que faire quand les voix sont fortes la nuit ?
Les nuits sont souvent les plus dures : vous êtes fatigué·e, seul·e et sans distraction. Ce qui aide beaucoup de personnes : l'ancrage (« nommez 3 choses que vous voyez, 2 que vous entendez, 1 que vous sentez »), une respiration calme (« inspirez sur 4 temps, expirez sur 6 »), de la musique ou une voix extérieure (podcast, livre audio). Établissez un plan pour la nuit à un moment calme, pour savoir quoi faire avant d'en arriver là.
Devrais-je prendre des médicaments ?
C'est une conversation entre vous et votre soignant, il n'existe pas de « il faut ». Les médicaments peuvent adoucir les voix et apporter du repos ; pour certaines personnes, c'est exactement ce qu'il faut, pour d'autres ils n'ont aucun effet et ne compensent pas les effets secondaires. Apprendre à vivre avec ses voix et prendre des médicaments ne s'excluent pas. Important : n'arrêtez pas et ne changez rien de votre propre initiative, une diminution est possible, mais accompagnée.
Puis-je travailler, étudier et aimer tout en entendant des voix ?
Oui. Il y a des entendeurs de voix dans tous les métiers, y compris dans le soin lui-même. Les voix peuvent rendre certaines périodes lourdes et il faut parfois ajuster sa vie en fonction d'elles, mais entendre des voix n'exclut pas une vie pleine. Les personnes du film en sont la preuve.
Les voix disparaîtront-elles un jour ?
Parfois oui, souvent pas complètement, et c'est une réponse plus honnête qu'une promesse. Ce qui peut presque toujours changer, c'est votre relation avec les voix : d'ennemies qui dirigent vos journées à quelque chose avec quoi l'on peut vivre. Beaucoup de personnes disent après coup : les voix sont toujours là, mais c'est moi qui ai repris le volant.
Où trouver d'autres personnes qui connaissent cela ?
Auprès de REV France (le réseau francophone sur l'entente de voix), vous trouverez des groupes de pairs : parler avec des personnes qui connaissent l'expérience de l'intérieur est, pour beaucoup, le plus grand pas en avant. À l'international, il y a Intervoice, l'organisation qui soutient le réseau mondial. En bas de cette page, vous trouverez les organisations par pays.
Et si je suis en crise ?
Alors il y a de l'aide, maintenant, jour et nuit. Si vous pensez au suicide : appelez le 3114, gratuit et disponible 24h/24 et 7j/7. En cas de danger vital : appelez le 112. Si vous avez un soignant, son service dispose d'une équipe de crise ; sinon, contactez votre médecin traitant ou le service de garde. Enregistrez ces numéros dans votre téléphone.
Mon enfant, mon ou ma partenaire ou un ami entend des voix, que dire ?
Moins que vous ne le pensez. La meilleure première réaction est : « merci de me l'avoir dit, je veux comprendre. » Dire qu'on entend des voix demande un immense courage ; ce dont cette personne a le plus besoin, c'est que vous ne partiez pas et que vous ne paniquiez pas. Poser des questions est permis, réparer n'est pas exigé.
Mon enfant entend des voix. Est-ce différent de chez les adultes ?
C'est plus fréquent que les parents ne le pensent, et chez les enfants ce n'est pas forcément le signe de quelque chose de grave. La recherche menée auprès d'enfants qui entendent des voix montre que la plupart d'entre eux, comme les adultes, apprennent à y faire face à leur manière, surtout s'ils peuvent en parler ouvertement. L'important est que les parents, l'école et les soignants ne s'alarment pas aussitôt, mais demandent : que racontent les voix, et que signifient-elles pour toi ?
Dois-je faire semblant que les voix sont réelles ?
Vous n'avez pas à faire semblant de les entendre vous-même, soyez honnête. Mais comprenez : pour la personne qui les entend, elles sont réelles, aussi réelles que votre voix en ce moment. Prenez donc l'expérience au sérieux sans en débattre. « Je ne l'entends pas, mais je te crois quand tu dis que tu l'entends » est une phrase qui ouvre des portes.
Que faut-il surtout ne pas dire ?
« Ne fais pas d'histoires », « c'est ton imagination », « pense à autre chose » : tout cela part d'une bonne intention, mais tout cela dresse des murs. Les petites corrections discrètes (« il n'y a personne ici, tu sais ») isolent aussi.
Est-ce ma faute ?
Non. L'entente de voix a de nombreuses racines et « faute » n'est presque jamais un mot qui a du sens. En revanche, l'histoire de vie (y compris l'histoire familiale) peut jouer un rôle dans ce que les voix disent. Si c'est le cas, ce n'est pas une accusation mais une invitation : il y a quelque chose à comprendre, ensemble.
Comment aider sans me perdre moi-même ?
Vous ne pouvez soutenir quelqu'un que si vous tenez debout vous-même. Continuez à faire ce qui vous appartient, partagez vos inquiétudes avec d'autres (il existe des groupes pour les proches, voir en bas de page), et acceptez que vous ne pouvez pas résoudre cela à leur place. Un proche qui prend soin de lui-même vaut plus qu'un proche qui s'oublie jusqu'à s'effondrer.
Puis-je demander ce que les voix disent ?
Oui, un intérêt sincère est presque toujours bienvenu, tant que la personne décide de ce qu'elle partage. Des questions comme « combien sont-elles ? », « quand sont-elles les plus fortes ? », « que disent-elles de toi ? » montrent que vous prenez cela au sérieux. Vous le remarquerez : en parler relâche souvent déjà la pression.
Quand faire appel à une aide professionnelle ?
Cherchez de l'aide ensemble quand les voix prennent le dessus sur la vie quotidienne : plus de sommeil, plus de repas, isolement, ou des voix qui ordonnent de faire du mal. En cas de danger immédiat : appelez le 112, ou l'équipe de crise via le médecin traitant ou le service de garde. En cas de doute ? Le médecin traitant est toujours un bon premier pas, aussi pour vous seul·e, en tant que proche.
Qu'est-ce que l'Open Dialogue, et pourrions-nous le faire en famille ?
L'Open Dialogue est une approche finlandaise dans laquelle on ne traite pas un patient isolé : c'est tout le réseau qui participe, famille, amis et professionnels autour d'une même table, avec la personne elle-même présente, jamais à son sujet sans elle. Cet état d'esprit s'inscrit parfaitement dans celui du film. Des équipes travaillant ainsi, notamment avec le soutien de pairs, existent dans un nombre croissant de pays ; renseignez-vous auprès du service de santé mentale de votre région.
Comment gérer une crise ?
Restez aussi calme que possible : votre calme est contagieux, et votre panique aussi. Ne discutez pas avec les voix, évitez les gestes brusques, dites à voix haute ce que vous faites (« je vais chercher de l'eau »). En cas de danger, appelez le 112 ou l'équipe de crise. Et ensuite, à un moment tranquille, établissez ensemble un plan de crise : ce qui aide, ce qui n'aide pas, qui appeler.
Où trouver d'autres proches ?
Vous n'êtes pas la seule personne à porter cela, même si c'est ce que vous ressentez. REV France a aussi une attention pour les proches, et plusieurs organisations de familles proposent des groupes de parole et une oreille attentive. En bas de cette page, vous trouverez les organisations par pays.
Suis-je en train de le ou la perdre au profit des voix ?
La personne que vous aimez est toujours là, même les jours où les voix sont fortes et le contact ténu. Des périodes de distance font parfois partie du chemin ; restez disponible sans insister. Beaucoup de personnes réparent même leurs relations précisément parce qu'on peut enfin en parler. Le film montre aussi cela : il existe un chemin pour se retrouver.
Le film peut-il aider à entamer la conversation ?
Oui, le regarder ensemble est pour beaucoup de familles une ouverture sûre : on n'est pas obligé de parler de soi tout de suite, on peut commencer par Tamira, René ou Brigitte. Après, ne demandez pas « tu as ça aussi ? » mais « qu'est-ce qui t'a touché ? ». Le film est à l'affiche dans les cinémas et sera diffusé le 13 septembre à la télévision publique néerlandaise (NPO 2), ensuite sur NPO Start.
Où et quand puis-je voir le film ?
Depuis mars 2026, le film est à l'affiche dans les cinémas, via le distributeur Cinema Delicatessen. Le dimanche 13 septembre, il sera diffusé sur NPO 2 (télévision néerlandaise, VPRO) à 22h40, puis disponible en replay sur NPO Start (uniquement aux Pays-Bas). Le lundi 14 septembre, la VRT (Belgique) diffusera également le film. En dehors des Pays-Bas et de la Belgique, le film est disponible en location dans le monde entier via Pijama Films.
Et si la personne ne veut pas d'aide ?
C'est peut-être le plus difficile. La contrainte fonctionne rarement et abîme la confiance ; rester disponible fonctionne, lentement mais sûrement. Gardez la porte ouverte (« si un jour tu veux parler, je suis là »), prenez soin de vous, et cherchez du soutien pour vous-même, vous avez le droit de le faire sans votre proche. Ce n'est qu'en cas de danger aigu pour la personne elle-même ou pour autrui qu'on peut et qu'on doit intervenir : appelez alors le 112.
Comment passer de parler des voix à parler avec elles ?
Commencez par interroger les voix comme des interlocutrices sérieuses : qui sont-elles, depuis quand, que veulent-elles ? Dans Talking With Voices (Corstens, Longden), le soignant, avec le consentement du client, invite la voix à s'exprimer à travers le client et la questionne avec respect. Le film montre à quoi cela ressemble en pratique. Suivez une formation ; la posture compte plus que le protocole, mais bien accompagner ce dialogue demande de l'entraînement.
Ne vais-je pas renforcer la psychose en prenant les voix au sérieux ?
L'expérience de trente ans de mouvement Hearing Voices (et du traitement montré dans le film) est l'inverse : la reconnaissance apaise la lutte, et avec elle, souvent, la détresse. Prendre la voix au sérieux, ce n'est pas tenir son contenu pour vrai ; vous reconnaissez l'expérience et vous en explorez le sens. La peur que parler « nourrisse » la psychose date d'une époque où ignorer était la norme, et cette norme a rendu beaucoup de personnes très seules.
Qu'est-ce que l'entretien de Maastricht ?
Un entretien structuré, développé par Marius Romme et Sandra Escher, pour cartographier les voix avec le client : leur nombre, leur identité, les déclencheurs, l'histoire, et leur lien avec le parcours de vie. C'est souvent une première étape : d'une peur diffuse à une histoire qui prend forme. Stichting Weerklank (aux Pays-Bas) et le réseau international proposent des formations ; l'entretien lui-même est disponible auprès de Stichting Weerklank.
Comment cette approche s'articule-t-elle avec les médicaments ?
Vous pouvez commencer par la conversation ; il n'est pas nécessaire de prescrire d'emblée. Les médicaments peuvent parfois créer l'espace pour la conversation ; la conversation peut réduire la dépendance aux médicaments. L'approche du film ne demande pas d'arrêter de prescrire, mais de ne pas laisser les médicaments être toute la réponse. Tout changement de traitement reste, bien entendu, une décision conjointe et encadrée.
Qu'est-ce que l'Open Dialogue et qu'est-ce que cela demande de moi ?
L'Open Dialogue (Seikkula, Finlande) organise les soins autour de réunions de réseau : client, proches et professionnels autour d'une même table, des décisions transparentes et prises en présence du client, la continuité des mêmes soignants. Cela demande une autre posture : de l'expert qui sait au participant qui écoute et ose partager son incertitude. Le Peer-supported Open Dialogue (POD) se développe dans plusieurs pays, avec des parcours de formation.
Quel rôle joue le trauma ?
Une proportion importante des entendeurs de voix a vécu des expériences bouleversantes, et les voix y renvoient souvent, parfois littéralement (la voix d'un agresseur), souvent symboliquement (une critique qui sonne comme un vieux message). Interrogez l'histoire de vie comme vous interrogez les voix : non pas « qu'est-ce qui ne va pas chez vous ? » mais « que vous est-il arrivé ? ». Il existe de nombreuses explications à l'entente de voix ; le trauma en est une, longtemps négligée.
Que faire face aux voix impératives et aux risques pour la sécurité ?
Tout ce que vous faites déjà : évaluation du risque, plan de crise, escalade si nécessaire, cette approche ne remplace pas les soins de sécurité. Mais d'abord : explorez la voix qui ordonne au lieu de chercher aussitôt à l'atténuer. Pourquoi exige-t-elle cela, que se passe-t-il si le client refuse, y a-t-il une marge de négociation ? Les clients qui apprennent à refuser sans paniquer courent souvent, à terme, moins de risque que les clients qui ont seulement peur.
Comment impliquer les proches ?
Tôt, de façon structurelle et en présence du client, pas comme informateurs après coup mais comme participants. Les proches portent souvent des années de peur et de culpabilité tues ; la conversation commune soulage à elle seule les deux côtés. L'Open Dialogue en offre la forme la plus aboutie, mais même une seule réunion de réseau change souvent déjà le ton.
Où puis-je me former ?
Auprès de Stichting Weerklank (formations à l'entretien de Maastricht et à l'accompagnement des voix), via le réseau international Intervoice, et dans les programmes Peer-supported Open Dialogue. Lisez les travaux de Romme et Escher, Dirk Corstens et Eleanor Longden. Et regardez le film, avec votre équipe.
Que dit la recherche ?
La base de données probantes s'étoffe : il existe des recherches sur Talking With Voices, sur les groupes Hearing Voices et sur l'Open Dialogue, avec des résultats encourageants sur l'alliance thérapeutique, l'autodétermination et la réduction de la souffrance, à côté de décennies de savoirs issus de la pratique du mouvement lui-même. La réponse honnête : ce champ de recherche est plus jeune et plus petit que celui des médicaments, et c'est précisément pour cela qu'il mérite d'être suivi et alimenté.
Comment introduire cela dans mon équipe ou mon organisation ?
Commencer petit fonctionne mieux qu'une note de service : un cas, une réunion de réseau, une projection du film en équipe suivie d'un échange. Trouvez les collègues déjà curieux, impliquez un pair aidant (toutes les organisations en ont désormais), et laissez les résultats porter l'argument. La culture change une conversation à la fois, pas une note à la fois.
Puis-je utiliser le film en traitement ou en enseignement ?
Oui, le film se prête particulièrement bien à la psychoéducation, aux journées d'équipe et à l'enseignement : il montre ce qu'aucun manuel ne peut montrer, à savoir à quoi ressemble réellement la conversation avec les voix. Pour les projections et les licences pédagogiques, contactez le distributeur, Cinema Delicatessen. Pour les clients et les proches, un visionnage partagé peut être une ouverture qui fait gagner des mois de conversations.
Et si mon client veut arrêter ses médicaments après avoir vu le film ?
Prenez ce souhait au sérieux comme une information : l'espoir a été touché et l'autodétermination réveillée, c'est un gain, pas une menace. Explorez-le ensemble : qu'est-ce que le client espère voir devenir possible sans médicaments ? Si une diminution est responsable, faites-la par étapes et de manière encadrée ; si elle ne l'est pas (pour l'instant), expliquez honnêtement pourquoi et gardez la conversation ouverte. Le film plaide pour l'écoute, pour le dialogue. Cela vaut ici aussi.
Je ne connais pas grand-chose à l'entente de voix. Que dire quand une patiente me confie qu'elle entend des voix ?
« Merci de me confier cela. Je connais peu l'entente de voix, mais je trouve cela très intéressant. Pouvez-vous m'en dire plus ? » Ce n'est pas grave d'avoir peu d'expérience en la matière ; dites-le ouvertement. Entendre des voix est une caractéristique humaine. Montrez-vous curieux de la signification que cela peut avoir pour votre patiente. Vous pouvez apprendre quelque chose de nouveau, n'est-ce pas merveilleux ?
L'entente de voix est-elle le domaine du psychiatre ?
Pas du tout. Les entendeurs de voix ont surtout besoin d'une oreille attentive. Vous pouvez pour cela utiliser l'entretien de Maastricht, téléchargeable via stichtingweerklank.nl/het-maastrichts-interview. Il vous permet de cartographier l'expérience et de découvrir, chemin faisant, quelle signification elle a pour votre patient. Un psychiatre peut bien sûr, au bout du compte, être utile.
Dois-je veiller à ce que le patient reçoive immédiatement des médicaments ?
Non. Les médicaments peuvent, au bout du compte, être utiles pendant un temps, mais le soutien qui consiste à explorer ensemble ce que l'expérience signifie pour la personne est le début le plus important de l'aide aux entendeurs de voix. Donnez-leur des informations utiles et porteuses d'espoir, par exemple :
Vidéos:
Eleanor Longden: The voices in my head (TED)
Documentaire sur l'entente de voix (Culture Unplugged)
Ouvidores de Vozes / Hearing Voices (Canal Futura)
Beyond Possible (documentaire)
Relating to Voices using Compassion Focused Therapy (Charlie Heriot-Maitland)
Compassion for voices: science and application
Engaging with Voices, série de vidéos (Open Minded)
Livres:
Robin Timmers: Leren omgaan met stemmen horen (PDF gratuit)
Romme, Escher & Corstens: Stemmen horen begrijpelijk maken (Boom, 2020)
Sites web:
levenmetstemmen.nl · omgaanmetstemmenhoren.nl · intervoiceonline.org · stichtingweerklank.nl · dirkcorstens.com · understandingvoices.com
Points de soutien néerlandais pour entendeurs de voix (Nimègue, Utrecht, La Haye, Leyde, Enschede, Koudekerke): stichtingweerklank.nl
Dois-je veiller à ce que le patient ne reçoive pas de médicaments ?
Il est important que les personnes puissent choisir. Les thérapies par la parole pour l'entente de voix peuvent rivaliser en efficacité avec les traitements médicamenteux, selon Tony Morrison, professeur de psychologie à Manchester, qui a mené de nombreuses recherches sur le traitement par la parole de la psychose. Les médicaments peuvent être utiles, par exemple temporairement pour pouvoir dormir ou être moins anxieux. Mais mettez l'accent sur le fait d'apprendre soi-même à vivre avec les voix.
Quelle thérapie est la plus efficace ?
Il existe plusieurs thérapies par la parole raisonnablement efficaces. Nous avons récemment achevé une grande étude sur Talking With Voices ; le traitement s'y est révélé significativement meilleur que le groupe témoin en matière de rétablissement personnel et sur quelques mesures liées à l'entente de voix (les résultats sont encore à paraître). Le film démontre la conduite d'entretien de Talking With Voices. Il existe par ailleurs la Relating Therapy et la thérapie Avatar, axées sur le fait de devenir plus fort face aux voix ; la thérapie cognitive, où vous choisissez ce que vous voulez changer dans votre expérience ; et la thérapie centrée sur la compassion, où vous apprenez surtout à cultiver la bienveillance et à réguler vos réactions corporelles. Là aussi, le choix est important, et tout ne parlera pas à chaque entendeur de voix.
Comment organiser une meilleure aide aux entendeurs de voix ?
Si le sujet vous intéresse en tant que soignant·e, lisez-en davantage et choisissez une méthode qui vous convient. Si vous travaillez dans une organisation, il est judicieux de vous consacrer au sujet avec un ou deux collègues et de consolider votre expérience commune en apprenant ensemble et en pratiquant l'intervision. Veillez à la continuité.
Puis-je orienter des patients vers des groupes d'entraide ?
Absolument ! Beaucoup d'entendeurs de voix trouvent un grand soutien dans les groupes d'entraide, quel que soit leur diagnostic ou leur classification. Soutenez cette démarche, par exemple en y allant une fois ensemble. Cela normalise énormément.
De l'aide dans votre pays
Les bonnes organisations, où que vous soyez
🇳🇱 Pays-Bas
Stichting Weerklank · pour et par les entendeurs de voix
Ypsilon · pour les proches
Steunpunten Stemmen Horen (points d'appui régionaux) : Nijmegen · Utrecht · Den Haag · Leiden · groupes de parole
MIND Atlas · trouver de l'aide à proximité (néerlandais)
Crise : appelez d'abord votre médecin généraliste ou le service de garde · pensées suicidaires : 113 ou 0800-0113 (24/7) · danger vital : 112
🇬🇧 Royaume-Uni
Hearing Voices Network England · berceau du mouvement (Manchester)
Crise : Samaritans 116 123 (24/7)
🇨🇦 Canada
Canadian Mental Health Association
Groupes Hearing Voices via Intervoice
Crise : appel ou SMS au 9-8-8 (24/7)
🇭🇰 Hong Kong
Hearing Voices Network Hong Kong
Crise : Samaritans 2896 0000 · Suicide Prevention Services 2382 0000
🌍 Monde entier
Intervoice · réseaux Hearing Voices dans plus de 35 pays
Lignes de crise par pays : befrienders.org
Ces réponses sont des informations générales, pas un avis médical ni un traitement. Elles sont écrites dans la perspective du film et de l'approche Hearing Voices, et sont relues par des pairs experts d'expérience et des soignants. Pour des questions personnelles, parlez-en à votre médecin ou à votre soignant. En cas d'urgence, appelez la ligne de crise de votre pays indiquée ci-dessus.